Red is Dead Redemption 2



  • Le monde des open worlds est divisé en deux catégories: ceux qui creusent leurs tombes et ceux qui les envoient ad patrès à coup de carabine.
    RDR2, lui, y va à coup de gatling et tire en rafale sur la vieille garde.

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    Dutch et sa bande de hors la loi sont dans de sales draps. Acculé, poursuivi par la justice et l’agence Pinkerton, le groupe tente son va-tout et traverse la montagne en pleine tempête de neige en direction d’un état où ils ne sont pas recherchés. Crevant de faim et de froid, l’espoir est au bout du chemin et du flingue de l’un de ses membres originels: Arthur Morgan.

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    A l’aube du 20ème siècle, la conquête de l’ouest est quasi achevée, l’industrialisation du pays est en marche rapide, le monde tel qu’il est connu va changer. Cette terre fictive de la jeune Amérique est avant tout un immense terrain de jeu débordant d’activité, d’occasion.
    Un pays devenu étranger pour notre bande, quelle est sa place quand on vit de rapines et autres combines ?

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    En faisant la connaissance des divers pnj, on comprend l’inquiétude d’Arthur: il est largué. Lui, baroudeur, voleur, familier des codes du Far West, il ne comprend pas les hommes de science qu’il rencontre et sur les intérêts grandissant qu’ils portent à leurs domaines. Il écoute poliment tout au plus, promet d’aider à condition d’être payé. Arthur ne s’enquiert pas des changements en cours: droit de vote des femmes, pollution liée à l’industrialisation galopante, ghettoïsation prononcée des travailleurs, paupérisation, alcoolisme, bourgeoisie qui s’empiffre. Tout au plus, il en plaisante.
    Arthur, lui, il veut vivre comme toujours, sur son bourrin, les tifs à l’air.
    Et un flingue à la ceinture.

    En cas de pépin, sa bande est là. Sa famille. Loin des yeux des citadins, le camp du groupe vit sa vie en partielle autonomie, ses membres participent à son entretien. Le gros du travail revient évidement au joueur qui aura à charge d’améliorer les divers équipements. Ce camp est une petite ville à lui seul, interactions, dialogues, pnj proposant diverses activités, tente privée où dormir et se changer, on a plaisirs à y revenir de temps à autres afin de prendre des nouvelles des membres et on est rarement déçu quand au détour d’une conversation, un événement drôle ou triste se déclenche. .

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    Les dialogues donnent le ton lors des missions, ça rabâche sur le bon vieux temps, sur les gros coups, sur les copains, sur les femmes, sur le code de l’honneur. Sur le fric. Le sacro-saint billet vert. L’argent est la priorité du joueur.
    Ce qui choque après plusieurs heures sur ce titre, c’est cette foultitude de détails, de scènettes, d’histoires, de monologue, d’interaction.
    En marchant dans une rue, il n’est pas rare d’entendre une conversation hillarante ou une engueulade se terminant mal, de croiser un pnj qui va offrir une mini quête qui ne serait jamais apparue sur la carte, de tomber sur un événement qui demandera de choisir vite son camp.

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    Le joueur est très souvent sollicité en chemin, il est facile de se détourner d’une mission, d’un but ou d’une envie. Détruire une bande ennemie ? Oui, encore faut-il ne pas se retrouver à chasser un ours en chemin, puis aller vendre des peaux, être pourchassé par des chasseurs de primes dans la foulée, s’en sortir de justesse et aller au théâtre décompresser un peu, écraser par mégarde une passante en sortant de l’établissement et se faire buter par la garde qui veillait là.
    Le jeu pousse à l’improvisation, à l’adaptation. Toute situation s’avérera potentiellement mortelle si on n’a pris gare à ne pas s’exposer inutilement.

    A chaque open world (sur pc), on s’ébahit devant les graphismes en se disant qu’on ne verra jamais mieux: Morrowind (sur pc), Oblivion (sur pc), Skyrim (sur pc) en fer de lance et magnifié par les mods (sur pc). The Witcher 3 et son extension méditerranéenne a remis les pendules à l’heure et squatté la première place. Sur PC.
    RDR2 va encore plus loin. OK, j’arrête.
    Non seulement, c’est magnifique mais c’est d’une cohérence à couper le souffle.

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    Les villes invitent à visiter l’office du tourisme du coin, les forets à chasser, les plaines à la chevauchée débridée. Du petit village merdique à la grande ville, ça fourmille d’activité, de passants qui déambulent, les chariots se frayent un passage, certains somnolent, d’autres cuvent leurs vin ou font la manche. L’architecture n’est pas en reste, du saloon merdique au bar à la mode, on s’y croit. Les villes proposent bien entendu des commerces où se débarrasser du trop plein ou faire emplettes. Marchand de peau, hôtelier, pharmacien, armurier ( spéciale dédicace à GTA et son amnunation), écurie, receleur, bureau du shérif; tout y est ou presque.
    Je n’oublie pas les divers jeux disponibles: black jack, poker, dominos et jeu du couteau, de quoi passer un peu de temps entre deux braquages.

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    A ce niveau du texte, je me rends compte que je n’ai pas encore parlé du gameplay.
    On reste dans le basique, dans la continuité des GTA, le 5 tout particulièrement. Les missions sont assez scriptées, ne permettent peu ou pas de sortir des clous et de faire comme on l’entend. C’est assez navrant, parfois le script ne se déclenche pas si on est pas sur le point jaune, on aimerait faire telle chose mais le jeu refuse et puni d’un game over. Là où il accorde une grande liberté dans l’open world, le jeu verrouille dès lors qu’il faut suivre une mission. C’est dommageable, c’est du die and retry simplifié, principalement dans les phases de tir où l’on n’a pas compris ce qui se passait et où était placé les ennemis. Cela reste comme GTA5 du tir au pigeon, plus difficile certes et ce en partie à cause des armes et leurs qualités (rechargement/fiabilité/dispersion/nombre de coups).
    Puis on se rend compte que ce n’est pas très grave en soi cette linéarité, l’important c’est le voyage. Les à cotés comme les dialogues précédant ou terminant les missions ou en combat sont savoureux, certaines situations ubuesques. On se marre même souvent après une réplique ou une tirade.

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    L’argent étant le nerf de la guerre, les débuts obligeront Arthur à s’approprier un maximum de ressource afin de pérenniser le camp de sa bande. Les animaux sauvages sont des cibles faciles. Du moins, c’est ce que l’on croit. Rockstar a poussé le vice jusqu’à inclure la nécessité d’analyser à la jumelle et de tirer les bestioles avec les bonnes armes afin de pouvoir récupérer leurs peaux en bon état. Une biche à la 12.7 et sa peau sera limite invendable. Un crocodile tué d’une balle dans la tête et son cuir offrira plus de rentabilité. Toutes les peaux et autres parties (bois/plumes/dents) pourront être utiliser pour crafter des équipements. Pis encore, les animaux légendaires devront être traqués, appâtés et buté correctement. Tout un programme.

    Un peu plus tard, la pèche offrira aussi son lot de quiétude et de sérénité. A condition de veiller à ne pas se faire bouffer par un alligator en maraude.

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    Pour s’enrichir, le joueur dispose de plusieurs leviers; le braquage, le vol, le meurtre, le cambriolage.
    A condition d’éviter les forces de l’ordre. Chaque action devra être soigneusement pesée et pensée. Pourquoi ? Parce qu’une opération peut virer au nawak alors qu’elle partait relativement bien. Une de mes tentatives foirées de braquage pour preuve: le vol s’est bien passée, la fuite non. Tout avait été planifié: la cagoule indispensable, le cheval bien disposé, le chemin à suivre et pourtant, en chevauchant à toute embardée dans les rues de Saint Denis, je n’ai pu éviter la diligence et deux trois passants. Rapidement, la flicaille m’a cerné, flingué, puni.
    A tout instant, il peut se passer un imprévu. Un vol de véhicule ? L’un des chevaux ira se prendre les pattes dans une biche errante. Un animal au bout du canon bien planqué dans un fourré ? Un cavalier passera trop près, le fera fuir et il viendra vous percuter en pleine gueule. Une tentative d’échapper aux marshalls ? Le joueur débouchera dans une clairière pleine de bandits…

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    Plein d’imprévu, RDR2 est une ode à l’aventure et l’exploration vidéo ludique, au bucolisme, à la nature. Porté par une musique discrète mais merveilleuse, inspirée par moment du génial Morricone, elle invite à l’évasion. Mention spéciale au doublage, les voix tapent juste, les doublage FR dans la ville francophone sont juste papapa.

    Si le joueur entre dans le trip, qu’il est fan de western, il parcourra les terres sauvages avec délectation, tirera un ours après l’avoir traqué, installera son camp près d’un ruisseau pour y passer la nuit., boira un ptit kawa avant de se pieuter dans sa tente. Et se fera peut être réveiller par un ou deux connards en maraude.

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    Oui, je sais, je suis dithyrambique à son sujet. Pourtant, il m’a fait rager, en partie à cause de sa maniabilité pour poulpe. Les débuts sont terriblement durs, les touches sont assignées de façon anarchique dans les diverses activités. On est constamment paumé, une touche va permettre de valider à tel menu mais pas à l’autre et inversement. Du coup, il arrive dans les interactions que l’on cogne accidentellement un passant ou pire, son cheval.
    Cheval d’ailleurs, qui souvent enverra le joueur frotter le sol. Il ne lui épargnera rien: renverser un quidam, piler contre un arbre, paniquer en présence d’un prédateur, se foutre devant lui au pire moment. On s’y fait, c’est pas Ablette du Ouicher mais presque.
    Quand à Arthur, on est à la limite du tractopelle, le personnage est lourd, bien trop sur les passages les plus tendus, s’en est épouvantable quand il s’agit de ramasser en toute hâte des items posés au sol ou en hauteur.

    Enfin, le système de prime sur le joueur promet quelques mésaventures. Même le visage masqué, de nuit et sans raison, il arrive que le jeu pénalise le joueur: il sera recherché dans la zone où a eu lieu l’incident et devra payer pour effacer cette prime. Faut m’expliquer comment on peut savoir que Arthur Morgan (qui utilise souvent un prête nom de surcroit) a renversé Madame Michu dans une ruelle d’un bled paumé ?
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    Coté technique, sorti des débuts difficiles du Day One, patch après patch, le titre commence à tourner très correctement en 1080p sur une config de 2014 (i5, gf 970, 8go de ram et ssd). Les freezes lors des cut-scènes ont presque tous disparus. On va chipoter pour certaines maj qui remettent à zéro les paramètres graphique mais c’est de la rigolade à régler quand on voit le binding des touches en jeu…

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    RDR2 est un jeu difficile à raconter. Tant de choses à voir, à faire, à expérimenter, à vivre, à inventer, c’est une œuvre mémorable à plus d’un titre, non pas tant par son scénario, surtout pour l’histoire que l’on se tisse au fil des rencontres.
    Alors, oué, faut aimer les cowboys et l’histoire américaine pour outrepasser l’ignominie de la maniabilité. Mais on découvre une terre encore sauvage à conquérir, ses légendes et héros disparus, ses laissés pour compte, sa brutalité.



  • :caramba:

    C’est beau.



  • ça donne putain envie en tout cas.
    joli test Sissi.
    ça mériterait une chaine youtube. La première chaine de jeu de test avec le youtubeur cagoulé ? :lol:



  • Vazy lol on diré cpc enkule mdrrrrr



  • C’est quoi ta configuration pour le faire tourner @Sissi ?



  • @TaLoche a dit dans Red is Dead Redemption 2 :

    C’est quoi ta configuration pour le faire tourner @Sissi ?

    C’est écrit dans le test ! :fou:



  • Non mais passer 2 lignes Taloche ne lit plus.



  • @Sissi y avait pas de titre mis en gros avec la nouvelle balise donc je ne savais pas où commencer ma lecture :napo:


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