Da Bayday



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    Oui, j’ai complétement adoré le bouquin éponyme.
    Oui, j’ai tendance à ne pas bien vivre le changement quand une œuvre est adaptée dans un autre média, je pense notamment à Bilbo par Jackson.
    Oui, je suis réfractaire au changement et à la modernisation quand cela engendre un monstre.

    On retrouve Morvan au scénario (Sillage), Macutay (inconnu au bataillon pour ma part) au dessin et Walter au coloriage. Le dessin est parfois très technique, certaines scènes bien foutues ( Paris vue d’en haut) et d’autres assez moches. Voila, on va arrêter là pour les félicitations du jury.

    Le roman de Barjavel traite de la technologie et de son rôle grandissant sur l’humanité et son incapacité à s’en passer. La fée électricité y tient le premier rôle jusqu’aux événements qui vont guider François, le héros principal, vers le salut (c’est à dire, le retour au monde rural façon Charles Ingalls).
    La BD part mal, c’est un fait.

    En à peine cinq planches, on retrouve notre beau gosse, vieilli de quelques centaines d’années (oui) se jeter à l’assaut , hache à la main, d’une cinquantaine de pillards. Il dézingue les pécores à la vitesse de la lumière et va se confronter au boss de fin, une sorte de Big Daddy. Allez, le dessinateur voulait une scène de guerre et l’a animé dynamiquement comme dans un manga tout en faisant un clin d-œil au jeu vidéo. Il voulait aussi un Gandalf qui donne du bâton, il l’a fait.
    Première trahison. Le matériau de départ ne suffisait pas, je pense du fait de la lenteur et la mise en place de cette société et de l’intrigue, il fallait donner dans la démesure très vite afin de scotcher le lecteur.
    A condition de ne pas connaitre le bouquin.,

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    Quoi de mieux qu’un vieillard qui se bat comme le premier Naruto venu ?
    Des allusions constantes à notre société ?

    Le roman date de 45, j’étais émerveillé de découvrir des similitudes avec notre monde moderne lors de ma lecture, c’était digne d’un grand auteur de SF,. J’ai construis certains lieux dans mon imagination et cette représentation n’a fait que les détruire un par un. Le scénariste s’est mis en tête de ne pas adapter fidèlement mais de réécrire en ne se servant que des événements comme fil conducteur. Je suis sincèrement déçu que le dessin ne retranscrive pas avec plus d’exactitude le livre, son ambiance, son atmosphère si particulière. Tout cela relève de la facilité, ici on incorpore un "vuetube " ou Blanche fait des millions de vues, là, le design de nos avions modernes, ici nos rues et leurs foules qui déambulent ,là un Seita cliché de l’impresario requin vicieux ou encore des smartphones ou des PC portables par là. Et même des velib’…

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    Était-ce si dur de partir de la base et de recréer ce monde sans aller dans l’excès de similitude ? Pourquoi cette absence sur les nouvelles villes, la production de masse qui répond enfin aux besoins de l’homme, l’Empereur Noir, la menace de la guerre ? Pourquoi ne pas avoir réfléchi sur l’époque où a été écrite l’œuvre et son impact sur l’auteur et ne pas être parti de là ?
    Il y avait tellement mieux à faire, un mélange années 30-40 pour l’architecture et les habits, une petite touche de steam punk pour la technologie, une louche de SF du point de vue des années 40 et non pas des années 2010.

    Au final, le Ravage de Barjavel est la pierre d’achoppement du trio, ils n’ont pas su s’en servir pour ce premier tome, ont trébuché sur ses spécificités qui nous semblent si désuète aujourd’hui, ne sachant retranscrire la vision que Barjavel a eu de son futur. Il ne reste plus que la thématique du monde qui s’écroule (et encore), les héros et des regrets… Tout n’est pas noir, certes, parfois l’image touche juste, un bâtiment haussmannien survolé par des voitures, ces vues de Paris maitrisées mais elles n’ont droit qu’au statut d’exception.

    Quand j’y pense, c’est marqué sur la couverture: “d’après l’œuvre de Barjavel” :pff:



  • Le dessin :sweat:



  • @Sissi a dit :

    Oui, j’ai complétement adoré le bouquin éponyme.

    +1 :ok:



  • Ah je n’ai pas encore lu ce Barjavel là…c’est un auteur que j’adore…pas seulement pour ses anticipations technologiques, mais surtout pour sa quête perpétuelle de l’organisation de société idéale. Et la recherche du point d’équilibre qui fait basculer une civilisation aboutie vers le chemin de la destruction. Dans le grand secret, au delà du thème principale qui est l’immortalité, un des piliers d’une société équilibrée, c’est la surpopulation. Quel est le nombre critique d’être humain supportable au mètre carré. Dans la nuit des temps, il décrit une société technologique avancée et l’impact de la technologie sur les relations entre humains.

    Sur le même sujet, je suis en train de lire la trilogie climatique de Kim Stanley Robinson. (Qui a écrit la trilogie Marsienne dont j’ai déjà dit le plus grand bien ici). C’est incroyable la profondeur des thèmes abordés. La hauteur qu’il prend sur la description du fonctionnement de notre société et de la politique est hallucinante. Un des personnage retourne vivre dans les bois et se fait une cabane :love:…(appeaux à Taloche).


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