J'ai quelque chose à vous dire ... sur Soldat Inconnus: mémoires de la Grande Guerre



  • Attention, ce texte contient du spoil, léger mais du spoil. Non, je n’utiliserais pas de balise. C’est mon droit, mon combat, j’y tiens.

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    Alors voila ma conclusion d’emblée, ce jeu est … chiant à mourir. J’entame le troisième chapitre et je reste dubitatif tel un promeneur devant le Maneken-Pis ou un footeux après une nouvelle passe ratée de Hasard dans un grand match international.

    Le thème change enfin, la première guerre mondiale n’est pas ou très peu traitée dans le jeu vidéo, Ubi à eu les couilles de sortir cet ovni, remercions-en les sans toutefois les porter aux nus. Son enrobage est très bien cuisiné, gouteux à souhait avec ses musiques et sa direction artistique chiadée mais tout ce qui défini le gameplay est complétement à la ramasse et finalement, ce game design dessert complétement le sujet principal et ce d’une manière grand-guignolesque.

    Parce que jouer une infirmière qui soigne des soldats façon Guitar Hero/jeu de rythme et de manière rébarbative dans certains passages ou se fader des phases de courses inversées en taxi où le gameplay se résume à esquiver des obstacles, non.
    La majeure partie du temps, heureusement, on alterne entre deux soldats, aidé par un cabot, qui devront résoudre des énigmes pour avancer en territoire boche. Toutefois, ces énigmes n’ont aucune consistances, engluées qu’elles sont dans une casualisation à toute épreuve, un manque d’idée flagrant et des lieux parfois absurdes qui contrastent avec ce que nous savons de la Grande Guerre.
    Très faciles, se basant sur des redites vues mille fois ailleurs, le joueur les parcourt de manière automatisé, blasé qu’il est de ne pas découvrir de nouvelles approches ludiques. Ces fameuses énigmes, leviers et autres roues à tourner pour descendre/monter des trucs, reviennent sans cesse. Une facilité encore plus accentuée par le nombre restreint d’objet et la manière dont sont agencé les possibilités de résolution: il n’y a qu’une possibilité, basta.
    Soldats Inconnus se calque sur les “point and click” 2d mais n’amène qu’un inventaire étroit et des objets en faibles nombre. Le joueur aura tôt fait de comprendre la solution puisque dès le début du jeu il sera conditionné à exécuter les mêmes mimiques.
    Pourtant, certains tableaux s"étalent sur plusieurs écrans mais là encore, le soucis perdure. On fera deux-trois aller-retour et c’est tout. N’espérez pas entrapercevoir un truc à la Monkey Island, le jeu en est très loin.

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    Était-ce le bon système de jeu et la bonne direction artistique pour traiter de la Grande Guerre ? J’ai un doute. Je ne crois pas que les soldats ouvraient des valves en permanence et abaissaient des ascenseurs tout en creusant des passages obligatoires à la pelle pour poursuivre un grand méchant en dirigeable qui veut garder les plans secret d’un ingénieur français. Les visages des poilus étaient durs, marqués par le conflit, ici ils ne sont que caricatures.

    Cet événement majeur de l’histoire moderne, résultante de la guerre de 70 et de la situation des Balkans et prémices d’un 39-45 encore plus sanglant, est desservi par le jeu alors que les devs ont tout fait pour coller un max aux réalités du moment via les anecdotes ou les lettres. La narration claire et précise, portée par des voix chaudes sortant des documentaires Apocalypse traitant de 14-18, entre en totale contradiction avec les voix des personnages en jeu,: “des grblrmmblrl” faisant office de dialogue. photographiques consultables dans le menus. On nous montre des dessins grotesque tout en nous confrontant aux dures réalités du quotidien du soldat. Cela ne fonctionne pas pour ma part.

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    C’est ce qui me dérange, ce positionnement malaisé entre le centenaire et divertissement moderne, Le sujet est plaisant mais complétement loupé en tant que média ludique.

    Voila, j’entame le troisième chapitre et en guise de plat de consistance, Ubi s’enfonce dans le drama facile dès les premières notes de musique en faisant appel aux ressorts habituels: un fils gravement malade. Juste après m’avoir servi la soupe avec le grand méchant débile.



  • Ah… Je ne l’installe pas alors ? :sad:



  • C’est pas un navet non plus, ça se laisse jouer avec une main dans le slip. Mais c’est léger en terme purement ludique. J’ai même pas l’envie de continuer pour dire tant je m’emmerde. Si c’est pour parler de 14-18, autant mater un docu, si c’est pour ses enigmes, autant faire un vrai jeu du genre.



  • Sinon osef, dans une semaine y’a Pillars Of Eternity et puis c’est tout.

    :poppop:



  • si paradox et obsidian faisaient des bons jeux bouffe-temps ça se saurait :roll:



  • Attention, ça spoile.

    :bam:

    :boom:

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    Jeu terminé à l’instant, en dix heures dixit Steam, moins je dirais mais cela m’a paru beaucoup plus long en partie.

    On voit arriver le dénouement de loin, le sujet de fin n’était pas traité jusque là et pour celui qui en sait un peu sur 14-18, il était impératif qu’ils en parlent. Je cause bien sûr des mutineries et autres fusillés pour l’exemple par la grande muette. Mais, encore une fois, Ubi manque sa cible en faisant de l’un des héros un assassin d’officier dont l’acte n’est pas vraiment justifié en jeu.
    Oui l’officier se montre menaçant et tire des coups de semonce lors de l’assaut final, non il ne tue pas ses hommes.
    Pareil pour le héros, on ne le sent pas défaillir par la guerre, on ne le sent pas tiraillé psychologiquement, souffrant d’obusite. Jamais, il avance par le biais du joueur à qui on ordonne de tuer l’officier.
    Refuser de combattre aurait été plus percutant. On mène le héros au peloton lors de la scène finale mais on s’en fout un peu, il est devenu un assassin et non un martyr en devenir, victime d’une injustice venue d’en haut.
    Puis on se dit que refuser de combattre n’aurait eu aucune logique puisqu’on a fait que ça depuis le début du jeu, sans se poser de question même si le joueur ne tire jamais au fusil sur un autre hormis dans les phases de tank où l’on abat des avions et indirectement leurs pilotes. Pour dire, nos héros sont dissociés de leurs semblables: ils ne portent pas leurs uniformes réglementaires.

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    La toile de fond est là sauf que le joueur ne fait que aider dans la résolution des conflits. Par exemple, en haut, une troupe est bloquée par une sentri T3, le héros descendra dans un tunnel résoudre deux trois énigmes pour faire sauter la mitrailleuse par le bas à coup de dynamite. La violence est en toile de fond et l’on ne fait que passer à coté. Nos grenades ne tuent pas, elles font fuir.

    :casse:

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    Quelques screens au dessus pour vous montrer la qualité du gameplay made in Ubi.
    Tirez des leviers, tourner des roues, éviter des obus, se cacher derrière des buisson en infiltration, creuser, ramassez des trucs et résoudre des énigmes à peu près identiques. La seule difficulté est dans les passages du genre course poursuite ou bombardement, , il faudra juste connaitre les paterns, du die and retry simplifié.

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    Je le répète, la réalisation est fantastique, que ce soit la DA ou l’environnement sonore. Vous le possédez ? Jouez y mais en sachant que vous allez vous emmerder sec les trois-quart du temps et que seule sa technique offrira quelque chose et que vous n’apprendrez rien ou presque. Pour le sujet 14-18, une série du genre “Apocalypse” offrira bien plus.


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