Red Dead Redemption Wii



  • Enfant, je refusais d’accompagner mes semblables pendant la récré, dans ces jeux puérils où tisser un semblant de lien social fait parti de l’éducation psychique d’un enfant. Non, moi j’esquivais les marelles et autres parties de cache-cache et je prenais surtout un malin plaisir à déchirer les magazines people des filles, je volais les albums Panini de la saison de foot pour en décoller une à une les vignettes afin de les bruler lors d’une messe satanique. Ado, je dénigrais les autres en permanence, raillant leurs propensions à suivre les modes ordonnées par la propagande télévisuelle, grande servante du pouvoir politique en place. Adulte, je pestais contre le système qui obligeait un homme à courber l’échine au service des multinationales pour éviter de crever la dalle. J’étais un rebelle. Un vrai de vrai. Mais pourquoi au final ?

    Description

    Dans le monde open world, il y a ceux qui creusent et ceux qui creusent, et toi tu creuses.

    Longtemps attendu sur micro, RDR ne sortira finalement pas. Rockstar ne souhaitant pas mobiliser toutes ses équipes sur une version qui serait indéniablement inférieure à l’opus ps3, ceci aurait eu un impact sur son image de société innovante. Mais chez Rockstar, on a de l’appétit et le parc monstrueux de Wii a fait tilter le cœur des commerciaux. Et l’on décida de porter RDR sur la plus puissante des consoles next gen.

    Le pitch nous met dans la peau de John Marston, homme repenti et cowboy solitaire loin de son foyer. Laissé pour mort après avoir échappé à un attentat orchestré par son pire ennemi, Phil Defer, il ne cessera de vouloir faire la lumière sur les trahisons qui l’ont conduit dans cette sordide ruelle de New New York.
    Et c’est en partant vers le Grand Ouest que John tirera les ficelles du complot mondial qui se trame.

    Description

    Le desert est superbement bien rendu, la Wii crache ses poumons électroniques !

    Il y a eu les GTA et les autres. Ceux se réclamant du jeu open world. La difficulté principale du genre, c’est l’équilibrage entre les choses à faire et celle à ne pas faire. Du moins, c’est ce que m’a raconté un des devs de CoD et au vu du sérieux d’Activision, je serais tenté de le croire. Bref, RDR est un jeu ouvert entièrement jouable à la balanceWii. Vous faites ce que vous voulez. Vous pouvez attendre devant une porte de saloon pendant deux heures, le jeu ne vous en tiendra pas rigueur, vous remerciant même avec un succès. Et c’est comme ça tout le temps. Tuez cent quatre vingt mille serpents à lunettes et vous aurez un achievment, marchez 20 km de suite au ralenti et le jeu vous offrira une amélioration pour votre arme. Le contenu à débloquer est complétement fou et vous n’êtes pas prêt d’en voir le bout.

    Qui dit open world dit plein de chose à découvrir. La carte est immense, composée de zones distinctes (désert, montagnes, prairie) sans aucun chargement et l’ensemble tient sans peine sur les 4Ko de la cartouche, ce qui est en soi un exploit. Plusieurs éditeurs se sont cassés la binette sur la mémoire au moment de coder leurs jeux. Vous découvrirez des fermes isolées ou paissent des bovins accablés par la chaleur, des bosquets fleuris et épars, des rivières d’eau calme ou au contraire des rapides se frayant un chemin parmi des montagnes aux multiples dangers. Vous êtes libre de vous balader où vous le désirez, quand vous le souhaitez. Et c’est la force de ce RDR, on passe son temps à ne rien faire, à écouter les conversations des PNJ, à vouloir faire l’un des nombreux succès tordus et à buter du cowboy en chaine.

    Quand est-ce qu’on mange ?

    Bien sûr, le jeu propose un scénario et il sert de prétexte à bousiller des milliers de types aux gueules patibulaires. Sur la carte sont disposés plusieurs points qui permettent de lancer des missions. Va chercher trente cactus ici, va tuer telle personne à l’autre bout de la carte, ramasse cinquante fer à chevaux. La diversité est telle que l’on ne sait plus où donner de la tête sur son joli jumper. Mais c’était sans compter sur Rockstar qui met à disposition du joueur un DLC de 400mo qui lui permet de valider les missions et ce sans bouger ! Une très bonne idée, accessible aux bourses les plus modestes à un prix de 12 euros HT. Saluons cette initiative et prions que les autres éditeurs emboitent le pas.

    Coté gunfight, rien à dire. Le système de couverture est génial, le jeu vous met automatiquement en position de planque et pointe à la perfection les têtes des ennemis derrière les murets ou les barils de poudre disposés judicieusement un peu partout sur la map. Pour viser, rien de plus simple, appuyez sur A, puis A et enfin A et adios coyote ! Ce système permet en outre d’être constamment en full life puisque la regen auto sera permanente, le joueur n’ayant plus besoin de sortir de sa couverture, il sera quasi invincible.

    A noter que l’on peut activer une aide à la visée pour les moins expérimentés. En outre, chaque ennemi tué vous rapportera de l’XP afin d’améliorer votre perso. Chaque point d’xp peut être converti contre un droit d’achat d’armure ou de fusils d’assaut dans le shop.

    Description

    On peut consulter les caractéristiques des PNJ en installant le DLC “Santiags of the Death”, 20 euros seulement.

    Graphiques beaux à se damner

    RDR est beau, très beau. La Wii est exploitée à son maximum. Tellement, qu’elle chauffe énormément après une longue session. On peut qu’acquiescer devant la splendeur des textures, les animations ou les shaders utilisés. Chevaucher dans le désert avec un soleil couchant en toile de fond aura son effet cathartique pour certains. La Wii est dans ses derniers retranchements. On notera quelques ralentissement pendant les phases de rails shooting en bateau à roue mais c’est à mettre au crédit de la centaine de script en place. Difficile à coder de leurs propres aveux, les devs se sont arrachés la tête afin de rendre au mieux la guérilla entre mexicains et américains lors de la guerre de Sécession. Oui, on rejouera aussi des batailles célèbres comme Pearl Harbor dans un train à vapeur lancé à 20 km/h ou le débarquement de Juin 1844 à dos de cheval.
    Quoiqu’il en soit, ce portage est excellent en tout point et surpasse celle sortie sur ps3.

    HIN HINHINHIIIIIINNNN tin tin tinnn

    Description

    L’un des nombreux boss retors du jeu. Un conseil, achetez le minigun pour en venir à bout (9 euros) et tapez bien en rythme sur “B”

    Mais au final, ce que l’on retient, c’est le choix moral qu’apporte ce jeu. Certaines scènes laisseront le joueur dans un état hagard. Par exemple, en entrant dans un des 25 saloons du jeu, un pnj se fait molester par une bande de brigand à rayures jaunes et noires. Après quelques dialogues avec le chef, ce dernier prendra à parti le joueur au sujet d’un conflit dont il n’a aucune idée. A charge au joueur de résoudre ce différent en crachant dans un seau ou en buvant une bouteille de whisky frelaté avec le shérif du saloon. Chaque détail du scénario peut être sujet à interprétation et le joueur n’aura de cesse de ne se demander si il n’aurait pas dû bruler la petite église de Walnut Grove au lieu de passer son chemin.

    Conclusions

    RDR sur Wii, c’est le meltingpom’ pot du jeu vidéo appliqué à la plus belle des machines d’hardcore gamer. Les choix scénaristiques qui emmènent le joueur dans ses propres considérations philosophiques, les gunfights magnifiés par les décors et la qualité de la retranscription du far west donnent le tournis. C’est pour ces moment là que j’évitais mes petits camarades de classes, je ne voulais pas qu’ils marchent sur mes bottes tout le long de ma vie et qu’ils empêchent un jour d’atteindre la jouissance ultime. Maintenant c’est fait. Je n’ai pas d’amis, j’ai évité les filles mais je suis heureux d’avoir joué à cet opus Wii. Et c’est le principal.

    3,1416²/450

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